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Nuits paisibles

Bien dormir après 60 ans, comprendre ce qui change pour retrouver des nuits sereines

Réveils au petit matin, nuits entrecoupées, sieste qui s’impose... Avec les années, le sommeil change de visage. Une partie de ces évolutions est parfaitement normale, une autre mérite qu’on s’y attarde. Démêler l’une de l’autre est le premier pas vers des nuits plus reposantes.

Homme âgé en pyjama assis sur son lit qui s'étire les bras au réveil, dans une chambre claire et paisible
Photo d’illustration : SHVETS production / Pexels

« Je ne dors plus comme avant. » C’est l’une des phrases que les médecins généralistes entendent le plus souvent de la part de leurs patients plus âgés. Et c’est vrai : le sommeil évolue avec l’âge, comme la vue ou la souplesse. Mais « dormir différemment » ne veut pas dire « mal dormir ». Comprendre ce qui se passe permet souvent de dédramatiser, puis d’agir là où c’est utile.

Ce qui change avec les années

Le sommeil n’est pas un bloc uniforme. Il se compose de cycles successifs, qui alternent sommeil léger, sommeil profond et sommeil paradoxal, celui des rêves. Avec l’âge, la part du sommeil profond, le plus réparateur, a tendance à diminuer. Le sommeil devient plus léger, et les réveils nocturnes plus fréquents. On les remarque davantage, et on peut avoir plus de mal à se rendormir.

L’horloge biologique se modifie également. Beaucoup de personnes constatent qu’elles ont sommeil plus tôt le soir et se réveillent plus tôt le matin. Ce décalage est naturel. Il devient gênant surtout quand on lutte contre lui : on veille devant la télévision pour « tenir » jusqu’à une heure raisonnable, on s’assoupit dans le fauteuil, puis on se réveille au milieu de la nuit, parfaitement éveillé.

Enfin, d’autres facteurs s’invitent : besoin d’uriner la nuit, douleurs articulaires, reflux, certains médicaments, mais aussi la baisse d’activité physique et de lumière naturelle, notamment après la fin de la vie professionnelle.

Faut-il dormir huit heures ? Les besoins varient beaucoup d’une personne à l’autre. Le bon critère n’est pas le nombre d’heures passées au lit, mais la forme dans laquelle on se sent le lendemain.

Les habitudes qui font vraiment la différence

Avant de penser aux médicaments, il existe toute une série de leviers simples, dont l’efficacité est bien reconnue.

Le jour prépare la nuit

  • Sortir à la lumière du jour, idéalement le matin. La lumière naturelle est le principal signal qui règle notre horloge interne. Une promenade matinale, même par temps gris, vaut mieux qu’une journée entière à l’intérieur.
  • Bouger régulièrement. L’activité physique favorise un sommeil plus profond. Une marche, du jardinage, de la marche nordique ou un cours de gymnastique douce : l’important est la régularité. Évitez simplement les efforts intenses juste avant le coucher.
  • Garder des horaires stables, y compris pour le lever. C’est souvent l’heure du lever, plus que celle du coucher, qui ancre le rythme.

Le soir, ralentir

  • Alléger le dîner et éviter de se coucher l’estomac plein.
  • Limiter le café, le thé et les sodas caféinés à partir de l’après-midi, la caféine pouvant agir plusieurs heures.
  • Se méfier de l’alcool : s’il aide parfois à s’endormir, il fragmente la seconde partie de la nuit.
  • Réduire les écrans dans l’heure qui précède le coucher, et préférer un livre, de la musique, une conversation.
  • Instaurer un petit rituel : une tisane, quelques étirements, une douche tiède, une lecture. Le corps apprend à associer ces gestes au sommeil.

La chambre, un refuge

Une pièce plutôt fraîche, sombre et calme, une literie confortable et adaptée à d’éventuelles douleurs, un réveil qui ne se regarde pas toutes les dix minutes. Pensez aussi à la sécurité : une veilleuse ou un éclairage facile à atteindre pour les levers nocturnes limite le risque de chute, un sujet que nous détaillons dans notre article pour prévenir les chutes à la maison.

Que faire quand le sommeil ne vient pas ?

Rester au lit à tourner en rond pendant des heures finit par associer le lit à l’éveil et à l’inquiétude. Si vous ne trouvez pas le sommeil au bout d’un moment qui vous semble long, mieux vaut vous lever, aller dans une autre pièce à lumière douce, faire une activité calme, puis revenir au lit quand la somnolence réapparaît.

Évitez de regarder l’heure : calculer le temps de sommeil restant entretient l’anxiété. Et rappelez-vous qu’une mauvaise nuit isolée n’a rien de grave ; le corps se rattrape généralement la nuit suivante.

La sieste : alliée ou ennemie ?

La sieste a mauvaise réputation, à tort. Courte et prise en début d’après-midi, elle peut être bénéfique et ne perturbe pas la nuit chez la plupart des personnes. Le moment idéal se situe souvent juste après le déjeuner, quand la vigilance baisse naturellement.

En revanche, une sieste très longue, ou prise en fin d’après-midi, risque de réduire le besoin de sommeil le soir et d’entretenir les difficultés nocturnes. Même vigilance pour les assoupissements répétés devant la télévision en soirée : ce sont des « petites siestes » qui grignotent la nuit. Si vous ressentez le besoin irrépressible de dormir plusieurs fois par jour, parlez-en à votre médecin.

Quand consulter, et la question des somnifères

Certaines situations justifient un avis médical :

  • une insomnie qui dure depuis plusieurs semaines et retentit sur vos journées ;
  • une somnolence importante en journée, au point de vous endormir en lisant ou en conduisant ;
  • des ronflements forts avec des pauses respiratoires remarquées par votre entourage, qui peuvent évoquer une apnée du sommeil ;
  • des sensations désagréables dans les jambes, avec un besoin impérieux de les bouger le soir ;
  • une tristesse, une anxiété ou une perte d’intérêt qui accompagnent les troubles du sommeil.

Les somnifères et les calmants, en particulier ceux de la famille des benzodiazépines et apparentés, demandent une grande prudence chez les personnes âgées. Ils peuvent provoquer somnolence le lendemain, troubles de la mémoire et de l’équilibre, augmenter le risque de chute, et entraîner une dépendance lorsqu’ils sont pris longtemps. Ils ne se prennent que sur prescription, pour une durée limitée, et ne s’arrêtent jamais brutalement sans avis médical. Si vous en prenez depuis longtemps, parlez-en avec votre médecin ou votre pharmacien : un sevrage progressif et accompagné est souvent possible.

Pour l’insomnie chronique, les approches non médicamenteuses, comme la thérapie cognitive et comportementale de l’insomnie, sont reconnues comme des solutions de premier choix. Votre médecin pourra vous orienter. Un bon sommeil contribue aussi à entretenir sa mémoire, une raison de plus d’en prendre soin.

Questions fréquentes

Est-il normal de se réveiller très tôt le matin après 60 ans ?

Oui, c’est fréquent : l’horloge interne tend à avancer avec l’âge. Si vous vous sentez reposé dans la journée, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Une exposition à la lumière en fin d’après-midi et un coucher un peu plus tardif peuvent parfois aider à décaler le rythme.

Combien de temps doit durer une sieste ?

Une sieste courte, prise en début d’après-midi, est généralement la plus bénéfique. Une sieste trop longue ou trop tardive risque de perturber la nuit suivante.

Peut-on arrêter seul ses somnifères ?

Non. Un arrêt brutal peut provoquer des effets désagréables, comme un rebond d’insomnie ou d’anxiété. Parlez-en à votre médecin, qui pourra organiser une diminution progressive adaptée à votre situation.

Cet article fait partie du dossier n° 01 « Corps et esprit, l’entretien du vivant ».

Cet article fournit une information générale. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un notaire ou de l’organisme compétent pour votre situation.

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