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Été prudent

Fortes chaleurs, les gestes qui protègent vraiment après 65 ans

Les vagues de chaleur ne sont plus une exception sous nos latitudes. Avec l’âge, le corps régule moins bien sa température et signale moins nettement la soif. Quelques gestes simples, adoptés dès les premiers jours chauds, font une vraie différence, pour soi comme pour ses proches.

Une femme aux cheveux blancs, casquette sur la tête, boit de l'eau assise à l'ombre d'un arbre.
Photo d’illustration : SHVETS production / Pexels

On associe volontiers la Belgique à la pluie et aux étés frais. Pourtant, les épisodes de forte chaleur font désormais partie du paysage, et les maisons, souvent conçues pour garder la chaleur plutôt que pour s’en protéger, peuvent devenir de véritables fours. Or les personnes âgées figurent parmi les plus exposées aux effets de la chaleur sur la santé.

Pas question de céder à l’inquiétude : il s’agit surtout d’anticiper et d’adopter les bons réflexes. Voici ce qui protège réellement, et les signes qui doivent alerter.

Pourquoi la chaleur est plus risquée avec l’âge

Le corps se refroidit principalement par la transpiration et par la dilatation des vaisseaux sanguins de la peau. Avec les années, ces mécanismes deviennent moins efficaces. On transpire moins, on ressent moins nettement la chaleur, et surtout la sensation de soif s’émousse : on peut se déshydrater sans s’en rendre compte.

D’autres facteurs s’ajoutent : certaines maladies chroniques (cœur, reins, diabète), une mobilité réduite qui rend plus difficile d’aller chercher à boire ou de se mettre au frais, et certains médicaments qui modifient l’équilibre en eau ou la régulation de la température. Enfin, l’isolement joue un rôle important : une personne seule, que personne ne vient voir, peut voir son état se dégrader sans que nul ne s’en aperçoive.

Boire et manger malin

Le premier geste est de boire régulièrement, par petites quantités, tout au long de la journée, même sans avoir soif. L’eau reste la meilleure boisson ; les potages froids, les tisanes refroidies, l’eau aromatisée d’une rondelle de citron ou de quelques feuilles de menthe aident à varier les plaisirs. Gardez une bouteille ou une carafe toujours à portée de main, en vue, pour y penser.

Limitez l’alcool, qui favorise la déshydratation, et soyez modéré avec les boissons très sucrées. Si votre médecin vous a prescrit une restriction de liquides, par exemple en raison d’une maladie cardiaque ou rénale, demandez-lui comment l’adapter en période de canicule.

Côté assiette, privilégiez des repas légers et fractionnés, riches en eau : fruits, crudités, concombre, melon, tomates, yaourts. Ils contribuent à l’hydratation. Pour les grands principes d’une alimentation adaptée, voyez notre article sur bien manger après 60 ans.

Garder la maison fraîche

La bataille se gagne souvent avant que la chaleur ne s’installe. Le jour, fermez fenêtres, volets, stores et rideaux, surtout sur les façades exposées au soleil. Ouvrez largement le soir, la nuit et tôt le matin, quand l’air extérieur est plus frais qu’à l’intérieur, pour créer des courants d’air.

Éteignez les appareils inutiles qui produisent de la chaleur (four, lampes, ordinateur en veille). Si une pièce reste plus fraîche que les autres, souvent au rez-de-chaussée ou du côté nord, installez-vous-y pour les heures chaudes et, si possible, pour dormir.

Un ventilateur aide à se sentir mieux, surtout combiné à un linge humide ou à une brumisation du visage. Rafraîchissez-vous plusieurs fois par jour : douche ou bain tiède, gant mouillé sur la nuque, les bras et les jambes, pieds dans une bassine d’eau fraîche.

Adapter son rythme et sa tenue

Réservez les courses, le jardinage, les promenades et les rendez-vous aux heures fraîches, le matin ou en fin de soirée. Aux heures les plus chaudes, restez à l’intérieur ou à l’ombre et réduisez les efforts physiques. Si votre logement devient étouffant, passer quelques heures dans un lieu frais, une bibliothèque, une église, un centre commercial, peut soulager.

Portez des vêtements amples, légers, de couleur claire, en fibres naturelles comme le coton ou le lin. À l’extérieur, un chapeau à larges bords et des lunettes de soleil sont indispensables. Ne laissez jamais personne, ni animal, dans une voiture en plein soleil, même quelques minutes.

Médicaments : un point à faire avec le médecin

Certains traitements peuvent augmenter les risques liés à la chaleur, par exemple certains médicaments contre l’hypertension, les diurétiques ou certains traitements agissant sur le système nerveux. Ils peuvent aussi être moins bien supportés ou se conserver moins bien à forte température.

Il ne faut surtout pas arrêter ou modifier un traitement de votre propre initiative. Avant l’été, ou dès l’annonce d’une vague de chaleur, demandez à votre médecin traitant ou à votre pharmacien si des précautions particulières s’appliquent à vous. Conservez vos médicaments dans un endroit frais, à l’abri de la lumière, en suivant les indications de la notice. Notre article sur les effets secondaires des médicaments éclaire ces questions.

Veiller les uns sur les autres et reconnaître l’urgence

En période de chaleur, un appel quotidien ou une visite chez un voisin âgé, un parent ou une amie qui vit seule peut littéralement sauver une vie. Convenez à l’avance d’un rituel : un coup de téléphone chaque matin, un passage en fin d’après-midi. Notre dossier pour rompre l’isolement donne des idées pour tisser ce filet de vigilance.

Certains signes doivent alerter et justifient d’agir sans attendre :

  • crampes, grande fatigue, maux de tête, nausées, vertiges : signes d’épuisement dû à la chaleur, il faut se mettre au frais, boire et se rafraîchir, et appeler le médecin si cela ne passe pas ;
  • température corporelle très élevée, peau chaude, rouge et sèche, confusion, propos incohérents, somnolence inhabituelle, perte de connaissance : ce sont des signes possibles de coup de chaleur, une urgence vitale.

Dans ce second cas, appelez immédiatement le 112. En attendant les secours, installez la personne au frais, allongée, retirez les vêtements superflus, rafraîchissez-la avec des linges humides et un ventilateur, et ne lui donnez à boire que si elle est parfaitement consciente.

Questions fréquentes

Combien faut-il boire en période de canicule ?

Il n’existe pas de quantité valable pour tout le monde : elle dépend de votre santé, de votre poids et de vos traitements. L’essentiel est de boire régulièrement, sans attendre la soif. Si vous suivez une restriction de liquides, demandez conseil à votre médecin.

Le ventilateur suffit-il à se protéger ?

Il améliore le confort, surtout combiné à de l’eau sur la peau, mais ne remplace pas l’hydratation ni la fraîcheur du logement. Par très forte chaleur, il est utile de passer quelques heures dans un lieu plus frais.

Quelle est la différence entre coup de chaleur et simple malaise ?

L’épuisement dû à la chaleur se manifeste par de la fatigue, des crampes ou des maux de tête. Le coup de chaleur associe une température très élevée, une peau chaude et sèche et souvent une confusion : c’est une urgence, appelez le 112.

Cet article fournit une information générale. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un notaire ou de l’organisme compétent pour votre situation.

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