Bien manger après 60 ans : l’assiette qui fait du bien, sans renoncer au plaisir
Avec les années, l’appétit change, la soif se fait plus discrète et certains besoins augmentent alors qu’on mange souvent moins. Rien de compliqué pour autant : quelques repères suffisent à composer des assiettes nourrissantes, variées et gourmandes. Le plaisir reste le meilleur des alliés.

On entend tout et son contraire sur l’alimentation des plus de 60 ans. Faut-il manger moins, manger « léger », supprimer le sel, le beurre, le fromage ? En réalité, les messages des professionnels de la nutrition vont souvent dans l’autre sens : passé un certain âge, le risque le plus fréquent n’est pas de trop manger, mais de ne pas manger assez, ou pas assez de ce dont le corps a besoin.
L’appétit diminue souvent, le goût et l’odorat s’émoussent, la mastication peut devenir moins confortable. Ajoutez une vie seule, un budget serré ou un moral en berne, et les repas se simplifient jusqu’à devenir une tartine avalée debout. Or le corps, lui, continue d’avoir besoin de carburant de qualité pour garder ses muscles, ses os et son énergie.
Ce qui change avec l’âge
Les besoins en énergie peuvent baisser légèrement si l’on bouge moins, mais les besoins en nutriments, eux, ne diminuent pas, et certains augmentent. C’est tout le paradoxe : il faut mettre davantage de bonnes choses dans des assiettes parfois plus petites.
Plusieurs évolutions physiologiques sont bien connues :
- La sensation de soif s’atténue, ce qui expose davantage à la déshydratation, surtout par temps chaud ou en cas de fièvre.
- La masse musculaire a tendance à diminuer, un phénomène qui s’accélère en cas d’inactivité ou de maladie.
- Les os se fragilisent progressivement, en particulier chez les femmes après la ménopause.
- La peau synthétise moins bien la vitamine D sous l’effet du soleil.
- Le transit peut ralentir, notamment avec moins d’activité et certains médicaments.
Chacun de ces points appelle une réponse simple dans l’assiette.
Les protéines, à chaque repas
Les protéines sont les briques des muscles. Après 60 ans, on recommande généralement de ne pas réduire leur consommation, et souvent de veiller à en manger suffisamment à chaque repas plutôt que de tout concentrer le soir. Viande, volaille, poisson, œufs, produits laitiers, mais aussi légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots), tofu et céréales complètes : les sources sont nombreuses et se combinent bien.
Le petit-déjeuner est souvent le parent pauvre. Un yaourt, un morceau de fromage, un œuf ou un verre de lait à côté des tartines changent déjà la donne. Nous détaillons cette question dans notre article sur les protéines et les muscles, qui explique aussi le rôle indispensable de l’activité physique.
Boire avant d’avoir soif
Puisque la soif se fait discrète, il faut boire sans l’attendre, régulièrement au fil de la journée. L’eau reste la boisson de référence, mais le thé, les tisanes, le café, le lait, les potages et les fruits riches en eau participent aussi à l’hydratation. Un verre au lever, un à chaque repas, un en milieu de matinée et d’après-midi : la routine fait le travail.
Certaines situations demandent une vigilance accrue : canicule, fièvre, diarrhée, prise de diurétiques. Si votre médecin vous a prescrit une restriction de boissons pour une raison médicale (certaines maladies cardiaques ou rénales), c’est évidemment son avis qui prime.
Fibres, calcium, vitamine D : les autres piliers
Fibres, fruits et légumes
Les fibres favorisent un bon transit et un sentiment de satiété. On les trouve dans les légumes, les fruits, les légumineuses, le pain et les céréales complets, les fruits secs et oléagineux. Si la mastication est difficile, inutile de renoncer : potages, compotes, purées de légumes, smoothies, légumes fondants cuits à l’étuvée gardent l’essentiel de leurs qualités.
Varier les couleurs dans l’assiette est un repère simple et efficace. Il garantit une diversité de vitamines et de minéraux, et rend le repas plus appétissant, ce qui n’est pas un détail quand l’appétit fait défaut.
Calcium et vitamine D : prudence et avis médical
Le calcium contribue à la solidité des os. Les produits laitiers (lait, yaourts, fromages) en sont la source la plus connue, mais certaines eaux minérales, les légumes verts à feuilles, les amandes ou les sardines avec leurs arêtes en apportent aussi.
La vitamine D, elle, aide l’organisme à utiliser le calcium. Elle est en partie produite par la peau exposée au soleil, une production qui diminue avec l’âge et qui reste limitée sous nos latitudes, particulièrement en hiver. On la trouve en petite quantité dans les poissons gras et les œufs. Faut-il se supplémenter ? La question est fréquente, mais la réponse dépend de chaque personne. Ne prenez pas de compléments de votre propre initiative : demandez à votre médecin traitant, qui pourra, si nécessaire, faire doser votre taux et adapter une éventuelle prescription.
Le plaisir, un ingrédient à part entière
Manger n’est pas seulement se nourrir. C’est un moment de partage, de souvenirs, de rythme dans la journée. Quand l’envie s’étiole, c’est souvent par là qu’il faut commencer :
- Soigner la présentation. Une jolie assiette, une nappe, une fleur sur la table : le repas devient un rendez-vous.
- Relever les saveurs. Herbes fraîches, épices, zestes d’agrume, ail, oignon compensent un goût moins vif sans forcer sur le sel.
- Fractionner. Si les grands repas coupent l’appétit, trois repas plus légers et une ou deux collations nourrissantes (fromage, fruits secs, laitage) font très bien l’affaire.
- Partager. Inviter un voisin, cuisiner avec ses petits-enfants, rejoindre un restaurant social ou une table d’hôtes associative.
- Ne pas s’interdire. Sauf contre-indication médicale, les régimes restrictifs n’ont généralement pas leur place à cet âge. Le carré de chocolat et le verre de vin occasionnel font partie de la vie.
Pour ceux qui vivent seuls, la tentation de grignoter est grande. Notre article cuisiner pour une personne propose des idées d’organisation et des recettes faciles pour garder le goût de passer en cuisine.
Quand s’inquiéter
Une perte de poids involontaire, un appétit qui disparaît durablement, une fatigue inhabituelle, des difficultés à mâcher ou à avaler méritent d’en parler à votre médecin. La dénutrition chez les personnes âgées est fréquente et souvent silencieuse : elle fragilise les muscles, augmente le risque de chute et ralentit la récupération après une maladie. Un diététicien peut aussi vous accompagner pour adapter votre alimentation à votre situation, à vos goûts et à votre budget.
Questions fréquentes
Faut-il manger moins en vieillissant ?
Pas forcément. Les besoins en énergie peuvent baisser un peu si l’on bouge moins, mais ceux en protéines, vitamines et minéraux restent élevés. L’important est la qualité et la régularité des repas plutôt que la restriction.
Combien faut-il boire par jour ?
Les besoins varient selon la chaleur, l’activité et l’état de santé. Le plus simple est de boire régulièrement tout au long de la journée, sans attendre d’avoir soif. En cas de traitement ou de maladie particulière, suivez l’avis de votre médecin.
Le sel est-il interdit après 60 ans ?
Non, sauf prescription médicale. Une consommation modérée reste conseillée à tout âge, mais un régime sans sel trop strict peut couper l’appétit. Herbes et épices permettent de relever les plats tout en limitant le sel.
Que manger quand on n’a pas faim ?
Privilégiez de petites portions riches : un œuf, un laitage, une soupe enrichie de fromage râpé, une poignée de fruits secs. Fractionner les prises sur la journée aide aussi. Si le manque d’appétit dure, parlez-en à votre médecin.
Cet article fait partie du dossier n° 01 « Corps et esprit, l’entretien du vivant ».
Cet article fournit une information générale. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un notaire ou de l’organisme compétent pour votre situation.


