Clubs de lecture, livres audio, liseuses : lire autrement, lire ensemble
La lecture n’est pas qu’un tête-à-tête silencieux avec un livre. On peut l’écouter, l’agrandir, l’emporter par centaines dans une liseuse, et surtout la partager. Tour d’horizon des façons de renouer avec les livres, quand les yeux fatiguent ou quand l’envie d’en parler se fait sentir.

Il arrive qu’on se surprenne à lire moins. Les caractères semblent rétrécir d’année en année, la lampe de chevet n’éclaire plus assez, l’attention s’échappe au bout de quelques pages. Ou bien, au contraire, on dévore les romans et on ne trouve personne avec qui en parler. Dans les deux cas, la solution passe souvent par un pas de côté : changer de support, changer de lieu, changer de manière de lire.
Bonne nouvelle, les possibilités n’ont jamais été aussi nombreuses. Et la plupart sont gratuites ou presque, à condition de savoir où frapper.
Le club de lecture, ou l’art de parler des livres
Le principe est simple : un petit groupe se réunit à intervalle régulier pour échanger autour d’un livre lu par tous, ou autour des lectures de chacun. Chez l’un, à la bibliothèque, dans un café, dans une salle communale. Certains clubs choisissent un titre commun chaque mois, d’autres fonctionnent par thème (le polar nordique, les romans belges, les biographies), d’autres encore laissent chacun présenter ses coups de cœur.
Ce qui fait la richesse d’un club de lecture, c’est la confrontation des regards. Le roman qui vous a ennuyé a bouleversé votre voisine ; le personnage que vous trouviez attachant agace tout le monde. On découvre des auteurs, on lit plus attentivement, et on se fait des amis au passage.
Pour trouver un club, le premier réflexe est la bibliothèque publique de votre commune : beaucoup en animent un, ou savent où il en existe. Les centres culturels, les librairies indépendantes, les associations de pensionnés et certaines universités des aînés en proposent également.
Créer le sien
Si rien ne vous convient, rien n’empêche de lancer votre propre groupe. Quelques repères qui font leurs preuves :
- Un petit nombre : entre cinq et dix personnes, chacun a le temps de s’exprimer.
- Un rythme tenable : une rencontre par mois laisse le temps de lire sans pression.
- Une règle de choix claire : à tour de rôle, ou par vote parmi trois propositions.
- Une animation légère : quelqu’un qui distribue la parole et relance la discussion, sans faire un exposé.
- Le droit de ne pas avoir fini : c’est souvent celui qui a abandonné à la page cinquante qui lance le débat le plus intéressant.
La bibliothèque publique, une alliée sous-estimée
On garde parfois l’image de la bibliothèque de son enfance, silencieuse et un peu austère. Les bibliothèques publiques ont beaucoup changé. Elles prêtent des romans et des documentaires, mais aussi, selon les endroits, des livres audio, des ouvrages en grands caractères, des magazines, des films, parfois des liseuses. Elles organisent aussi des rencontres et des ateliers.
L’inscription est généralement peu coûteuse, et les conditions de prêt varient d’une commune à l’autre. Les bibliothécaires sont aussi de précieux conseillers : dites-leur ce que vous avez aimé, ils vous proposeront la suite. Beaucoup de bibliothèques participent à des réseaux permettant d’emprunter un ouvrage disponible ailleurs, voire d’accéder à des livres numériques depuis chez soi.
Pour les personnes qui ne peuvent plus se déplacer facilement, certaines bibliothèques organisent un service de portage à domicile ou des dépôts dans les maisons de repos. Renseignez-vous : ce type de service existe dans plusieurs communes, mais pas partout.
Quand les yeux fatiguent : agrandir, éclairer, écouter
Avant toute chose, une gêne visuelle qui s’installe justifie une visite chez l’ophtalmologue. Certaines difficultés de lecture se corrigent simplement avec de nouvelles lunettes ; d’autres signalent une affection qui mérite un suivi. Ce n’est qu’ensuite qu’on adapte son matériel.
Les livres en gros caractères
De nombreux titres existent en édition « grands caractères », avec une police plus large, un interligne plus généreux et un papier moins brillant. Le catalogue s’est étoffé et couvre romans récents comme classiques. Les bibliothèques en possèdent souvent un rayon dédié.
La lumière
On sous-estime son importance. Une lampe orientable placée du bon côté, une lumière suffisamment intense et sans reflet sur la page, peuvent transformer le confort de lecture. Les loupes éclairantes et les pupitres inclinés complètent utilement l’équipement.
Le livre audio
Écouter un livre, ce n’est pas tricher. C’est une autre forme de lecture, qui a sa propre magie : la voix d’un comédien qui porte un texte, la possibilité de « lire » en cuisinant, en marchant, les yeux fermés. Les livres audio se trouvent en CD dans les bibliothèques, en téléchargement payant ou par abonnement, et sous forme de lectures gratuites d’œuvres tombées dans le domaine public.
Pour les personnes dont la déficience visuelle ou d’autres difficultés empêchent la lecture d’un imprimé, il existe en Belgique des services et des bibliothèques spécialisés qui prêtent des livres audio adaptés, parfois dans des formats permettant une navigation facile par chapitre. Votre bibliothèque, votre ophtalmologue ou une association active dans le domaine du handicap visuel pourra vous orienter.
La liseuse, petite révolution discrète
La liseuse électronique est souvent la meilleure surprise pour ceux qui l’essaient. Son écran à encre électronique ne scintille pas comme une tablette et se lit bien, y compris en plein soleil. Surtout, elle permet d’agrandir les caractères à volonté, de changer de police, d’augmenter l’interligne et de régler l’éclairage intégré. Un roman de huit cents pages ne pèse plus rien dans les mains.
Quelques points à vérifier avant d’acheter :
- La taille de l’écran : plus grand, il affiche davantage de texte à forte taille de police.
- L’éclairage réglable, idéalement avec une température de couleur plus chaude le soir.
- La compatibilité avec les livres numériques empruntés en bibliothèque, si ce service existe près de chez vous.
- La simplicité des menus : demandez à essayer en magasin.
Une tablette peut aussi servir à lire, surtout pour les magazines et les livres illustrés, mais son écran rétroéclairé fatigue davantage les yeux sur de longues séances. Notre guide pour choisir un smartphone ou une tablette détaille les réglages d’accessibilité utiles, comme l’agrandissement du texte ou la lecture à voix haute.
Partager ses lectures, autrement
Le partage ne passe pas forcément par un club. Il y a les boîtes à livres qui fleurissent dans les rues et les parcs, où l’on dépose un ouvrage et en emporte un autre. Il y a les groupes de lecteurs en ligne, où l’on échange des avis à distance. Il y a la lecture à voix haute, pour un conjoint dont la vue a baissé, pour des petits-enfants le soir, ou comme bénévole dans une école, une bibliothèque, une maison de repos.
Lire pour d’autres est une activité profondément gratifiante, et une jolie façon de rompre l’isolement, le sien comme celui des autres. Pour ceux qui aiment l’idée d’un rendez-vous culturel régulier, notre article sur les sorties culturelles en journée propose d’autres pistes.
Questions fréquentes
Comment trouver un club de lecture près de chez moi ?
Commencez par la bibliothèque publique de votre commune, qui en anime souvent un ou connaît ceux qui existent. Les centres culturels, librairies indépendantes et associations de pensionnés sont d’autres bonnes pistes.
Le livre audio, est-ce vraiment lire ?
C’est une autre façon d’accéder à une œuvre, avec ses propres qualités : l’interprétation d’une voix, la possibilité d’écouter en faisant autre chose. Beaucoup de lecteurs alternent les deux selon les moments.
Liseuse ou tablette pour lire avec une vue qui baisse ?
La liseuse à encre électronique fatigue généralement moins les yeux sur de longues lectures et permet d’agrandir fortement le texte. La tablette convient mieux aux contenus illustrés. Dans tous les cas, faites d’abord contrôler votre vue par un ophtalmologue.
Cet article fournit une information générale. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un notaire ou de l’organisme compétent pour votre situation.


