Le zona après 65 ans, reconnaître les signes, réagir vite, se protéger
Une brûlure inexpliquée d’un seul côté du corps, puis des petites cloques en bande. Le zona est fréquent avec l’avancée en âge et peut laisser des douleurs tenaces. Bien le connaître permet de consulter à temps et d’aborder sereinement la question de la vaccination avec son médecin.

Beaucoup de personnes en ont entendu parler par un proche : « J’ai eu un zona, je n’ai jamais eu aussi mal. » Le zona n’est pas une maladie rare, ni une maladie grave dans la majorité des cas. Mais il peut être très douloureux, et chez les personnes plus âgées, il laisse parfois derrière lui des douleurs qui durent bien après la disparition des boutons.
Comprendre d’où il vient, savoir le reconnaître et réagir rapidement fait une vraie différence. Et il existe aujourd’hui une vaccination, dont il vaut la peine de parler avec son médecin traitant.
Un vieux virus qui se réveille
Le zona est causé par le même virus que la varicelle, le virus varicelle-zona. Après une varicelle, généralement contractée dans l’enfance, ce virus ne disparaît pas complètement. Il reste en sommeil dans certains ganglions nerveux, parfois pendant des décennies, sans provoquer le moindre symptôme.
Un jour, il peut se réactiver et cheminer le long d’un nerf jusqu’à la peau. C’est le zona. Pourquoi à ce moment-là ? Le plus souvent, parce que les défenses immunitaires qui le tenaient en respect s’affaiblissent. Or, l’immunité diminue naturellement avec l’âge, ce qui explique que le zona devienne plus fréquent au fil des années. D’autres situations le favorisent aussi : certaines maladies, certains traitements qui diminuent l’immunité, une période de grande fatigue.
Toute personne qui a eu la varicelle peut donc développer un zona.
Les symptômes à reconnaître
Le zona s’annonce souvent avant de se voir. Pendant quelques jours, une zone de la peau devient douloureuse, brûlante, picotante ou anormalement sensible au toucher, au frottement des vêtements.
Puis apparaît l’éruption : des plaques rouges sur lesquelles se forment de petites vésicules remplies de liquide. Elles se dessinent typiquement en bande, d’un seul côté du corps, en suivant le trajet d’un nerf. Le thorax et le dos sont des localisations fréquentes, mais le zona peut toucher d’autres zones, y compris le visage.
Les vésicules finissent par sécher et former des croûtes, qui tombent en quelques semaines.
Une douleur inhabituelle d’un seul côté du corps, suivie de petites cloques en bande, doit faire penser au zona. Au moindre doute, mieux vaut montrer l’éruption à un médecin que d’attendre.
Consulter vite, pourquoi c’est important
Le zona se traite. Le médecin peut prescrire un traitement antiviral, qui est d’autant plus utile qu’il est commencé tôt, dans les premiers jours de l’éruption. Il peut aussi proposer un traitement adapté contre la douleur. N’attendez donc pas que « ça passe tout seul ».
Certaines situations demandent une consultation sans délai :
- un zona sur le visage, en particulier autour de l’œil ou sur le front, qui peut menacer la vision ;
- un zona étendu ou touchant plusieurs zones du corps ;
- une immunité affaiblie par une maladie ou un traitement ;
- une fièvre élevée, une confusion ou un état général qui se dégrade.
En dehors des heures d’ouverture de votre médecin traitant, un service de garde de médecine générale peut prendre le relais. En cas d’urgence vitale, appelez le 112.
Pendant la maladie, quelques gestes aident : garder les lésions propres et sèches, porter des vêtements amples, éviter de gratter, ne pas appliquer de crème ou de produit sans avis du médecin ou du pharmacien. Si vous prenez déjà plusieurs médicaments, signalez-le, car les traitements du zona et de la douleur doivent être compatibles avec eux ; c’est un point que nous détaillons dans notre article sur les effets secondaires des médicaments après 65 ans.
Le zona est-il contagieux ?
Le zona lui-même ne « s’attrape » pas. En revanche, le liquide des vésicules contient le virus et peut transmettre la varicelle à une personne qui ne l’a jamais eue ni n’a été vaccinée contre elle. Tant que les lésions ne sont pas sèches, couvrez-les et évitez le contact rapproché avec les nourrissons, les femmes enceintes et les personnes dont l’immunité est fragile. Lavez-vous souvent les mains.
Quand la douleur persiste
C’est la complication la plus redoutée du zona chez les personnes âgées : les douleurs post-zostériennes, aussi appelées névralgies post-zostériennes. La peau a guéri, les croûtes sont tombées, mais la douleur, elle, demeure dans la zone touchée. Elle peut prendre la forme de brûlures, de décharges électriques ou d’une hypersensibilité au moindre effleurement.
Ces douleurs sont plus fréquentes avec l’âge. Elles peuvent durer des semaines, des mois, parfois davantage, et peser lourdement sur le sommeil, le moral et la vie quotidienne. Elles se traitent, mais souvent difficilement, ce qui rend la prévention et la prise en charge précoce d’autant plus importantes.
Si la douleur persiste après la guérison de l’éruption, n’hésitez pas à revenir vers votre médecin. Il existe des traitements spécifiques, et des consultations spécialisées de la douleur peuvent être envisagées. Les troubles du sommeil qui l’accompagnent méritent aussi d’être pris au sérieux, comme nous l’expliquons dans notre article sur le sommeil après 60 ans.
La vaccination, une question à poser à son médecin
Il existe un vaccin contre le zona. Son objectif est double : réduire le risque de faire un zona et, s’il survient malgré tout, limiter le risque de complications comme les douleurs post-zostériennes.
En Belgique, c’est le Conseil supérieur de la santé qui formule les avis scientifiques en matière de vaccination, notamment pour les personnes plus âgées et celles dont l’immunité est affaiblie. Ces recommandations évoluent avec les connaissances, et les conditions de remboursement fixées par l’INAMI peuvent elles aussi changer. Pour savoir si la vaccination vous est recommandée, à partir de quand, selon quel schéma, et si elle peut être remboursée dans votre situation, la meilleure source reste votre médecin traitant, éventuellement votre pharmacien et votre mutuelle.
Profitez d’une consultation de routine pour aborder le sujet, au même titre que les autres vaccins utiles après 65 ans, comme celui contre la grippe saisonnière.
Questions fréquentes
Peut-on faire un zona plusieurs fois ?
Oui, c’est possible, même si la plupart des personnes n’en font qu’un. Si une nouvelle éruption apparaît, consultez rapidement votre médecin, comme pour un premier épisode.
Peut-on avoir un zona sans avoir eu la varicelle ?
Le zona survient chez des personnes qui ont été en contact avec le virus de la varicelle, parfois sans s’en souvenir, car une varicelle d’enfance peut passer presque inaperçue. Votre médecin pourra vous éclairer.
Le vaccin contre le zona est-il remboursé ?
Les conditions de remboursement sont fixées par l’INAMI et peuvent évoluer. Elles dépendent notamment de votre situation de santé. Le plus simple est d’en parler avec votre médecin traitant ou votre pharmacien, qui connaissent les règles en vigueur.
Cet article fournit une information générale. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un notaire ou de l’organisme compétent pour votre situation.


