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Vie professionnelle

Retrouver un emploi après 55 ans, sortir des idées reçues et rebondir

Licenciement, restructuration, envie de changer de cap ou besoin de compléter ses revenus, chercher du travail passé 55 ans n’a rien d’exceptionnel. Le terrain est parfois rugueux, mais pas fermé. Voici comment déjouer les clichés, mettre en avant ce que vous seul apportez et utiliser les bons relais en Belgique.

Une femme aux cheveux blancs en blazer rouge échange avec une interlocutrice lors d'un rendez-vous professionnel.
Photo d’illustration : Karola G / Pexels

« À votre âge, ce sera difficile. » La phrase, on l’entend parfois avant même d’avoir envoyé un premier CV. Elle vient d’un proche bien intentionné, d’un ancien collègue, ou de cette petite voix intérieure qui doute. Et il est vrai que chercher un emploi après 55 ans demande souvent plus de patience, plus de méthode et un peu plus de cuir. Mais difficile ne veut pas dire impossible.

Les employeurs ne forment pas un bloc. Certains se méfient des profils expérimentés, d’autres les recherchent précisément pour leur fiabilité, leur recul et leur capacité à transmettre. Tout l’enjeu consiste à aller vers les seconds, et à faire changer d’avis quelques-uns des premiers.

Les préjugés, et ce qu’on peut leur opposer

Les clichés sont connus : trop cher, moins à l’aise avec le numérique, moins adaptable, bientôt parti à la pension, difficile à encadrer par un manager plus jeune. Ils relèvent de ce qu’on appelle l’âgisme, un phénomène que nous avons décrit dans notre article sur l’âgisme ordinaire et la manière d’y répondre.

Plutôt que de les subir, anticipez-les. Si vous savez qu’un recruteur pourrait douter de vos compétences numériques, citez spontanément les outils que vous utilisez au quotidien. S’il craint un salaire trop élevé, montrez que vous avez réfléchi à vos priorités et que la rémunération n’est qu’un élément parmi d’autres. S’il imagine un départ rapide, rappelez qu’un collaborateur de 57 ans qui reste plusieurs années est souvent plus stable qu’un jeune diplômé qui changera d’entreprise au bout de dix-huit mois.

Un préjugé recule rarement devant un argument abstrait, il recule devant un exemple précis. Préparez donc trois ou quatre situations vécues qui démentent les clichés : un logiciel appris récemment, une équipe jeune que vous avez épaulée, un changement d’organisation que vous avez traversé avec souplesse.

Valoriser son expérience sans la réciter

Trente ans de carrière ne tiennent pas sur une page, et c’est tant mieux. Le piège classique consiste à tout raconter, dans l’ordre chronologique, en commençant par le premier poste. Le recruteur, lui, veut savoir ce que vous savez faire aujourd’hui et ce que vous apporterez demain.

Quelques principes simples :

  • Mettez en avant les dix à quinze dernières années, résumez le reste en quelques lignes.
  • Parlez en compétences et en réalisations plutôt qu’en intitulés de fonction.
  • Montrez vos savoir-faire transférables : gestion de crise, négociation, formation de collègues, relation client, organisation.
  • Ne cachez pas votre âge, mais ne le mettez pas en titre non plus. La date de naissance n’est pas une information obligatoire sur un CV.

En entretien, adoptez le ton de quelqu’un qui vient résoudre un problème, pas de quelqu’un qui demande une faveur. Posez des questions sur les enjeux de l’équipe, sur les projets en cours. Votre expérience se voit alors dans la qualité de vos questions autant que dans vos réponses.

Se former, même brièvement

Se former n’est pas forcément reprendre des études. Une formation courte à un logiciel de gestion, à un outil collaboratif, à une langue ou à une technique métier suffit souvent à moderniser un profil et à rassurer un employeur. Elle a un double effet : elle ajoute une ligne récente à votre parcours et elle prouve votre envie d’apprendre, ce qui démonte à elle seule une bonne partie des préjugés.

En Belgique francophone, les pistes sont nombreuses : modules proposés par le Forem ou Bruxelles Formation, cours de promotion sociale, formations sectorielles, ressources en ligne. Les conditions d’accès et de gratuité varient selon votre situation, renseignez-vous auprès de votre conseiller.

Pensez aussi à faire reconnaître ce que vous savez déjà. Il existe en Belgique francophone des dispositifs de validation des compétences, qui permettent d’obtenir un titre officiel pour un métier exercé sans diplôme correspondant. Votre conseiller emploi pourra vous dire si votre métier est concerné.

Le réseau, votre meilleur allié

Beaucoup de postes se pourvoient sans annonce publique, par recommandation ou bouche-à-oreille. Or, après plusieurs décennies de vie professionnelle, vous disposez d’un capital précieux : d’anciens collègues, clients, fournisseurs, camarades de formation, voisins, membres d’associations.

Faites savoir que vous cherchez, sans gêne et avec précision. « Je cherche un poste » n’aide personne. « Je cherche un poste de gestionnaire administratif à temps partiel dans la région de Namur, dans une PME ou une asbl » permet à votre interlocuteur de penser à quelqu’un. Un profil à jour sur un réseau social professionnel complète utilement cette démarche, à condition d’y soigner la photo et le résumé.

Le bénévolat peut aussi servir de passerelle : il entretient le rythme, élargit le cercle de connaissances et fournit parfois une expérience récente à valoriser. Vérifiez toutefois auprès de votre organisme de paiement que cette activité est compatible avec vos allocations.

Élargir le champ des possibles

Le contrat à durée indéterminée à temps plein n’est pas la seule voie. Selon vos envies et vos besoins, d’autres formules méritent l’examen :

  1. L’intérim, qui permet de se faire connaître d’une entreprise et débouche parfois sur un engagement.
  2. Le temps partiel, qui convient à ceux qui veulent garder du temps pour eux ou ménager leur santé.
  3. Les missions et la consultance, pour mettre une expertise pointue au service de plusieurs structures.
  4. Le travail indépendant, à titre principal ou complémentaire, une piste que nous détaillons dans notre article consacré à entreprendre après 50 ans.
  5. La reconversion, vers un métier en pénurie ou une activité qui a davantage de sens à vos yeux.

Prenons une situation fréquente : une comptable licenciée lors d’une restructuration, qui ne retrouve pas de poste équivalent. Plutôt que de multiplier les candidatures identiques, elle peut proposer ses services à temps partiel à plusieurs petites structures, ou se former à l’accompagnement d’indépendants. Le métier reste le même, la manière de l’exercer change.

Questions fréquentes

Faut-il indiquer son âge sur son CV ?

Ce n’est pas obligatoire. Mieux vaut laisser parler votre parcours récent et vos compétences. Votre âge apparaîtra de toute façon au fil du processus, l’important est qu’il ne soit pas le premier filtre.

Le Forem et Actiris s’occupent-ils aussi des plus de 55 ans ?

Oui, ils accompagnent les demandeurs d’emploi sans limite d’âge. Les modalités d’accompagnement peuvent varier selon votre profil, demandez à votre conseiller ce qui s’applique à votre cas.

Que faire face à une annonce qui cherche un profil « jeune » ?

Une offre qui écarte des candidats en raison de leur âge peut constituer une discrimination. Conservez une copie de l’annonce et prenez contact avec Unia, qui pourra vous informer sur vos droits et les suites possibles.

Cet article fournit une information générale. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un notaire ou de l’organisme compétent pour votre situation.

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