Le magazine des 60 ans et plus en Belgique

Taille du texte

Le temps est à vous.

Argent décrypté

Compléter sa pension : 5 pistes concrètes pour les seniors en Belgique

Une fois le premier virement de pension reçu, beaucoup font leurs comptes et constatent un écart avec leur ancien salaire. Il existe pourtant plusieurs façons, légales et raisonnables, de compléter ses revenus. Voici cinq pistes concrètes, avec leurs atouts et leurs points de vigilance.

Une femme aux cheveux blancs en blazer rouge échange avec une interlocutrice lors d'un rendez-vous professionnel.
Photo d’illustration : Karola G / Pexels

Le premier virement de pension a souvent un effet de révélation. On fait ses comptes, on compare avec son ancien salaire, et l’on constate un écart parfois plus important qu’imaginé. Les dépenses, elles, ne diminuent pas toujours : le logement à entretenir, la santé, les petits-enfants que l’on aime gâter, les voyages enfin possibles.

Il n’existe pas de solution miracle, et méfiez-vous de quiconque vous en promet une. En revanche, plusieurs pistes sérieuses permettent de compléter ses revenus, chacune avec ses avantages et ses contraintes. La bonne formule est celle qui correspond à votre situation, à votre patrimoine et à vos envies, pas celle du voisin. Avant tout, il est utile de bien connaître ce que vous percevez déjà : notre article pour comprendre sa pension belge fait le tour des piliers et des interlocuteurs.

1. Travailler après la pension, à son rythme

Beaucoup de pensionnés ne souhaitent pas arrêter du jour au lendemain. Quelques heures de conseil, un mi-temps dans son ancien secteur, des gardes, des cours particuliers, un petit commerce en ligne : l’activité complémentaire apporte un revenu, mais aussi un rythme et des contacts.

En Belgique, le cumul entre une pension et des revenus professionnels est encadré. En règle générale, les personnes qui ont atteint l’âge légal de la pension peuvent travailler sans que leur pension de retraite soit réduite. Les règles sont en revanche différentes en cas de pension anticipée ou de pension de survie, où des plafonds peuvent s’appliquer. Ces dispositions ont évolué au fil des réformes : avant de reprendre une activité, signalez-la au Service fédéral des Pensions et vérifiez les conditions qui s’appliquent à vous.

Certaines formules de travail occasionnel sont également ouvertes aux pensionnés dans plusieurs secteurs. Et si l’envie de vous lancer à votre compte vous titille, notre article entreprendre après 50 ans passe en revue les statuts possibles et les précautions à prendre.

2. Louer une chambre à un étudiant

Les enfants sont partis, une ou deux chambres restent inoccupées. Dans les villes universitaires, la demande de logements étudiants est forte, et l’habitat intergénérationnel séduit de plus en plus. Le principe est simple : vous louez une chambre à un étudiant, parfois contre un loyer modéré assorti de quelques services (une présence le soir, des courses, un coup de main informatique).

Au-delà du revenu, c’est souvent la compagnie qui fait la différence. Quelques précautions s’imposent néanmoins :

  • rédigez un contrat écrit, en tenant compte des règles régionales applicables au bail étudiant ;
  • prévenez votre assureur habitation ;
  • fixez dès le départ les règles de vie commune (cuisine, visites, horaires) ;
  • renseignez-vous sur le traitement fiscal des revenus locatifs auprès du SPF Finances ;
  • si vous percevez une allocation liée à la composition du ménage, comme la GRAPA, vérifiez au préalable l’impact d’une cohabitation.

Des associations spécialisées dans le logement intergénérationnel peuvent vous aider à trouver un étudiant et à encadrer la relation.

3. Faire travailler son épargne, sans se mettre en danger

Une partie de l’épargne dort parfois sur un compte courant. La placer de manière réfléchie peut générer un complément de revenus régulier. Les possibilités sont nombreuses : compte d’épargne réglementé, compte à terme, bons d’État lorsqu’ils sont émis, obligations, assurance-vie, fonds de placement. Chacune présente un niveau de risque, une durée de blocage et une fiscalité différents.

Quelques principes de bon sens : gardez une réserve disponible pour les imprévus, diversifiez vos placements, et ne placez jamais une somme dont vous pourriez avoir besoin à court terme dans un produit risqué. Faites-vous conseiller par votre banque ou un conseiller indépendant, et prenez le temps de comparer.

Surtout, gardez la tête froide face aux promesses de rendements élevés et sans risque. Les fausses plateformes d’investissement ciblent volontiers les jeunes pensionnés, et l’autorité belge des services financiers, la FSMA, publie régulièrement des mises en garde. Notre article sur les arnaques du quotidien détaille les signaux d’alerte.

4. Vérifier ses droits : GRAPA et avantages seniors

Compléter sa pension, c’est aussi parfois… toucher ce à quoi l’on a droit. La garantie de revenus aux personnes âgées (GRAPA) s’adresse aux personnes ayant atteint l’âge légal de la pension dont les ressources sont insuffisantes. Elle est accordée après une enquête sur les revenus et, le cas échéant, les biens du ménage. Dans certains cas, ce droit est examiné d’office au moment où la pension prend cours ; si votre situation change par la suite, il peut être utile d’introduire une demande ou de vous renseigner auprès du Service fédéral des Pensions ou de votre CPAS.

D’autres coups de pouce existent, souvent méconnus : le statut de bénéficiaire de l’intervention majorée auprès de votre mutualité, qui réduit certains frais de santé, le tarif social pour l’énergie dans certaines situations, des tarifs réduits dans les transports en commun ou pour des activités culturelles et sportives. Les conditions d’âge et de revenus varient d’un organisme à l’autre, comme nous l’expliquons dans notre article à quel âge devient-on senior en Belgique. N’hésitez pas à poser la question à chaque fois.

5. Vendre son logement en viager, et y rester

Pour beaucoup de seniors belges, la maison ou l’appartement représente l’essentiel du patrimoine. Un patrimoine précieux, mais qui ne rapporte rien au quotidien. Le viager permet de transformer cette valeur en revenus, sans forcément déménager.

Le principe : vous vendez votre bien à un acheteur qui vous verse, en général, une somme au moment de la vente, appelée le bouquet, puis une rente versée jusqu’à la fin de votre vie. Dans le viager occupé, la formule la plus courante, vous continuez à vivre chez vous, grâce à un droit d’habitation ou à un usufruit que vous vous réservez dans l’acte. La répartition entre bouquet et rente se négocie, et le calcul tient compte notamment de la valeur du bien et de l’âge du vendeur.

Cette solution a ses avantages : un capital pour réaliser des projets ou adapter le logement, un revenu régulier, et la possibilité de rester dans un environnement familier. Elle a aussi ses contraintes : le bien sort de votre patrimoine et ne sera plus transmis à vos héritiers, et la décision est difficilement réversible. Parlez-en à vos proches, faites estimer le bien par un professionnel et faites relire l’acte par votre notaire, qui est de toute façon incontournable pour une vente immobilière en Belgique. Pour comparer cette solution avec d’autres façons d’augmenter ses revenus à la retraite, il peut être utile de croiser plusieurs sources avant de vous décider.

Avant de choisir, quelques règles de prudence

Ces cinq pistes ne s’excluent pas : on peut louer une chambre et placer une partie de son épargne, ou travailler quelques heures en attendant de mûrir un projet de viager. Quelle que soit la combinaison, trois réflexes s’imposent.

  1. Faire le point sur ses revenus et ses dépenses, pour savoir précisément de combien on a besoin, et pour quoi.
  2. Mesurer l’impact sur ses droits : fiscalité, cumul avec la pension, allocations sous conditions de ressources.
  3. Prendre conseil auprès d’interlocuteurs indépendants et ne jamais signer sous la pression, au téléphone ou lors d’une visite à domicile.

Questions fréquentes

Peut-on travailler sans limite une fois pensionné ?

En règle générale, les personnes qui ont atteint l’âge légal de la pension peuvent cumuler leur pension de retraite avec des revenus professionnels. Des limites peuvent s’appliquer dans d’autres cas, notamment en cas de pension anticipée ou de pension de survie. Signalez toute reprise d’activité au Service fédéral des Pensions.

Louer une chambre peut-il faire perdre la GRAPA ?

La GRAPA tient compte des ressources et de la composition du ménage. Accueillir une personne sous son toit ou percevoir un loyer peut donc avoir une incidence. Renseignez-vous auprès du Service fédéral des Pensions avant de vous engager.

Peut-on rester chez soi après une vente en viager ?

Oui, c’est le principe du viager occupé : le vendeur se réserve un droit d’habitation ou un usufruit et continue à vivre dans son logement, tout en percevant un bouquet et une rente. Les conditions sont fixées dans l’acte notarié.

Cet article fournit une information générale. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un notaire ou de l’organisme compétent pour votre situation.

Une lettre, sans hâte.

Les nouveaux articles et dossiers du magazine, dans votre boîte e-mail. Pas de publicité envahissante, désinscription en un clic.

Bientôt disponible

La newsletter de Seniors Mag sera lancée prochainement. Pour être prévenu de son ouverture, écrivez-nous à info@seniorsmag.be.

En savoir plus