Le magazine des 60 ans et plus en Belgique

Taille du texte

Le temps est à vous.

Compagnons du quotidien

Adopter un animal après 65 ans, un compagnon qui change le quotidien

Un chien qui attend sa promenade, un chat qui ronronne sur les genoux, un oiseau qui chante au lever. Un animal structure les journées et apporte une présence précieuse. Encore faut-il choisir le bon compagnon, mesurer l’engagement et penser à son avenir. Le point, sans angélisme.

Une femme âgée lit dans son salon, son lévrier endormi tout près d'elle sur le canapé.
Photo d’illustration : Ron Lach / Pexels

Il y a ceux qui ont toujours eu un chien et ne s’imaginent pas sans. Il y a ceux qui, une fois les enfants partis et la carrière terminée, se disent qu’il est enfin temps. Et il y a ceux qui hésitent : est-ce bien raisonnable, à mon âge, de m’engager pour dix ou quinze ans ? La question mérite d’être posée franchement, car la réponse dépend de votre santé, de votre logement, de votre entourage et de vos envies, bien plus que de votre date de naissance.

Bien choisi et bien anticipé, un animal de compagnie peut transformer le quotidien d’une personne de plus de 65 ans. Mal préparé, il devient une source de soucis, pour vous comme pour lui.

Ce qu’un animal apporte au quotidien

Le premier bienfait est le plus simple : un animal donne un rythme. Il faut se lever pour le nourrir, sortir le chien par tous les temps, changer la litière, nettoyer la cage. Ces petites obligations, loin d’être des corvées, structurent la journée et donnent une raison de s’activer, en particulier quand le cadre du travail a disparu.

Le deuxième est le mouvement. Promener un chien deux ou trois fois par jour, c’est marcher régulièrement sans même y penser. L’OMS recommande au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine pour les adultes, y compris les plus âgés ; un chien vous aide à les atteindre, avec une motivation qu’aucun programme sportif ne remplace.

Le troisième est le lien. On parle à son animal, on le caresse, on s’en occupe. Et l’animal ouvre aussi des portes vers les autres : on discute avec les propriétaires croisés au parc, avec le vétérinaire, avec les voisins qui demandent des nouvelles. Pour qui vit seul, cette présence compte beaucoup, comme nous l’évoquions dans notre article sur la manière de rompre l’isolement.

Un animal ne remplace pas les relations humaines, mais il les facilite souvent. Il ne guérit pas non plus la tristesse ou la maladie. Il apporte une présence, ce qui est déjà beaucoup.

Quel animal choisir ?

Il n’y a pas de bon animal dans l’absolu, seulement un animal adapté à votre vie.

Le chien

C’est le compagnon le plus exigeant, et le plus stimulant. Il demande des sorties quotidiennes, de l’éducation, de la présence. Privilégiez un chien adulte, au caractère déjà connu, plutôt qu’un chiot qui tire en laisse, mordille et demande une énergie considérable. La taille compte : un grand chien vigoureux peut faire chuter son maître en tirant brusquement. Un chien de petite ou moyenne taille, calme, est souvent un choix plus serein.

Le chat

Plus indépendant, il convient bien aux personnes qui sortent moins ou vivent en appartement. Il ne demande pas de promenade, mais des soins réguliers, une litière propre et de l’attention. Un chat adulte, voire âgé, est souvent plus posé qu’un chaton joueur qui grimpe aux rideaux et se faufile entre les jambes.

Les oiseaux et les petits animaux

Perruches, canaris, poissons : ils demandent moins de manipulations et peu de déplacements. Ils apportent de la vie dans la maison, du chant, du mouvement. Attention toutefois : certains oiseaux vivent très longtemps et beaucoup sont sociables, ils supportent mal la solitude. Renseignez-vous sur l’espèce avant de vous lancer.

Quel que soit votre choix, posez-vous quelques questions honnêtes : mon logement s’y prête-t-il ? Le règlement de mon immeuble l’autorise-t-il ? Ai-je la force de porter un sac de croquettes, de soulever le chat pour l’emmener chez le vétérinaire ? Ai-je des allergies ?

Adopter dans un refuge

Les refuges belges accueillent de nombreux animaux adultes en attente d’une famille. C’est une excellente piste pour un adopteur senior : le personnel connaît le caractère de chaque pensionnaire et peut vous orienter vers un compagnon calme, sociable, habitué à la vie en intérieur. Certains refuges mettent même en avant des animaux âgés, qui s’accordent souvent très bien avec le rythme d’une personne pensionnée.

Prenez le temps de visiter plusieurs fois, de promener le chien, de passer un moment avec le chat. Une bonne adoption ne se décide pas sur un coup de cœur de cinq minutes.

Le budget et les soins

Un animal a un coût, qu’il vaut mieux évaluer avant de l’accueillir : nourriture, litière ou accessoires, vaccins, vermifuges, stérilisation, identification, consultations vétérinaires, et les frais imprévus quand il tombe malade ou vieillit. Une assurance santé animale existe ; lisez attentivement ses conditions et ses exclusions avant de souscrire. Demandez au refuge ou à un vétérinaire une estimation réaliste pour l’animal que vous envisagez.

Penser à l’avenir de l’animal

C’est la question que l’on n’aime pas se poser, et pourtant la plus importante. Que deviendra votre compagnon si vous êtes hospitalisé quelques jours ? Si vous devez entrer en maison de repos ? Si vous disparaissez avant lui ?

Quelques réflexes :

  1. Identifiez une ou deux personnes de confiance prêtes à le garder en urgence, et parlez-en avec elles.
  2. Gardez près de la porte une fiche avec les coordonnées de ces personnes, du vétérinaire et les habitudes de l’animal.
  3. Parlez-en avec vos enfants ou petits-enfants, qui peuvent aussi partager les promenades. Les grands-parents d’aujourd’hui trouvent souvent là un beau terrain de complicité.
  4. Renseignez-vous auprès de votre notaire sur la façon d’organiser le sort de votre animal dans vos dispositions.

Et si l’adoption n’est pas pour vous ?

Vous aimez les animaux mais hésitez à vous engager sur la durée ? D’autres formules existent. Certains refuges recherchent des familles d’accueil temporaires, par exemple pour un animal âgé ou en convalescence. Vous pouvez aussi proposer de garder l’animal d’un voisin pendant ses vacances, ou vous porter volontaire pour promener les chiens d’un refuge : une belle manière de marcher, de rendre service et de rencontrer du monde, à la croisée du bénévolat et du plaisir.

Questions fréquentes

Est-on trop âgé pour adopter un chiot ?

Il n’y a pas de règle, mais un chiot demande beaucoup d’énergie, d’éducation et de patience pendant plusieurs mois. Un chien adulte au caractère connu est généralement plus simple à intégrer et vous laisse moins de surprises.

Les refuges acceptent-ils les adoptants âgés ?

Chaque refuge a sa propre politique. Beaucoup sont ouverts aux adoptants seniors, surtout pour des animaux adultes ou âgés, et peuvent demander qui prendra le relais en cas d’imprévu. Avoir préparé cette réponse est un atout.

Un animal peut-il me suivre en maison de repos ?

Cela dépend de l’établissement. Certains l’acceptent, parfois sous conditions, d’autres non. Posez la question lors de vos visites et anticipez une solution de relais au sein de votre entourage.

Cet article fournit une information générale. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un notaire ou de l’organisme compétent pour votre situation.

Une lettre, sans hâte.

Les nouveaux articles et dossiers du magazine, dans votre boîte e-mail. Pas de publicité envahissante, désinscription en un clic.

Bientôt disponible

La newsletter de Seniors Mag sera lancée prochainement. Pour être prévenu de son ouverture, écrivez-nous à info@seniorsmag.be.

En savoir plus