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"Papy, je voudrais devenir dompteur de robots !"

2020-09-21 17:37:27 – Cerise

Grands-parents L’Institute for the future*, nous indique que 85% des métiers de 2030 n’existent pas encore ! Les enfants qui sont, aujourd’hui, en maternelle changeront de métier près de 9 fois dans leur future vie ! Nos petits-enfants qui, aujourd’hui rentrent à l’école primaire, ont de fortes chances d’avoir un métier que nous ne connaissons pas encore...

Nous, grands-parents, avons-nous un rôle à jouer dans l’avenir de nos petits-enfants ?

Comment développer la curiosité de Tom & Lola ?

Les expériences personnelles forgent chez l’enfant la conviction qu’il peut essayer des choses par lui-même. Cette envie est liée à la confiance en soi et à l’autonomie. Si l’enfant est surprotégé, il développera moins sa curiosité.

En pratique, que faire ?

  • Répondre à ses questions : à toutes ses questions ! Même les plus évidentes ou difficile. Faites attention à ne pas aller plus loin que la question « il faut laisser en suspens la précision que l’adulte à en tête. Cela stimule la curiosité car l’enfant continue de poser des questions tant qu’il n’a pas toutes les réponses. Quand ça reste énigmatique, il continue d’être intéressé » précise Geneviève Djenati, psychologue clinicienne et psychothérapeute des familles auteure notamment de - « Attends…Dépêche-toi. Le temps des parents, le temps des enfants » (Ed. L’Archipel 2014).
  • Laissez-le faire sa propre expérience : laissez-le s’aventurer, quitte à ce qu’il se trompe et que vous le laissez se demander pourquoi. Il mange le sable de son château sur la plage, pas grave, il se rendra vite compte qu’il y a de meilleur goûter.
  • Bannissez le langage « bébé » : les enfants qui ne comprennent pas tous les mots vont chercher à en saisir le sens et donc devenir curieux. De plus, les mots compliqués sont ceux des « grands », ils donnent envie de grandir indique la psychologue Geneviève Djenati.
  • Être des grands-parents curieux : Daniel Pennac, ancien enseignant et écrivain l’a affirmé : « On ne force pas la curiosité, on l’éveille ». Les grands-parents au même titre que les parents sont des modèles, il est donc impératif d’être soi-même curieux. Visite de musées, musique, escapade en forêt, cinéma, lecture… en entrant dans le jeu de la découverte comme si vous appreniez aussi pour la première fois qu’il y a des escargots dans le jardin ! Maintenez-les constamment en éveil, c’est bon pour leur avenir.
  • Regardez avec lui les albums photos : Découvrir des images anciennes où nous n’étions pas habillés de la même façon, qu’un endroit qu’il connaît a changé ou qu’il reconnaisse des membres de la famille quand ils étaient plus jeunes.
  • Jouez !: le jeu occupe et éveille. Déjà petits on privilégie les jeux type colin-maillard, qui développe en même temps le toucher et l’ouïe et aussi la course au trésor. Recherche, attention, découverte, c’est idéal pour développer la curiosité.

À l’évidence oui : en leurs racontant notre histoire. Comment nous sommes passés du téléphone fixe au téléphone mobile ; comment nous avons remplacé l’agenda papier par les agendas en ligne ; comment la TV, la radio, la presse -unique source d’informations- ont été remplacés par Internet et l’info en continu venue du monde entier ; comment nous avons été obligés de nous adapter à de nouvelles habitudes de travail… Nous y sommes arrivés, alors, eux aussi y arriveront !

Le futur avance et évolue à la vitesse des algorithmes et le marché 3.0 réserve de nouveaux emplois encore inconnus.

Aujourd’hui, le monde du travail est en pleine mutation et la quatrième révolution industrielle est bien réelle. De nouveaux métiers voient le jour et d’ici 2030, des dizaines d’autres vont se créer.

Comment pouvons-nous nous assurer que nos petits-enfants parlent couramment le numérique ?

Certains pensent que, les systèmes éducatifs d’aujourd’hui ne préparent pas les jeunes au monde du travail de demain. Telle est la principale conclusion du rapport du Forum économique mondial ( www.weforum.org) intitulé « Réaliser le potentiel humain lors de la quatrième révolution industrielle », qui propose une série de mesures pratiques permettant d’aligner l’éducation et la formation sur les exigences des emplois futurs. Ce rapport a été rédigé en 2017 par un groupe de dirigeants d’entreprises, de décideurs politiques, de syndicats, d’établissements scolaires et universitaires.

Il faut, donc, mettre au clou les vieilles méthodes d’enseignement et de formation car nos petits-enfants ne peuvent être les otages d’une école qui ne les forme pas aux métiers d’hier ou d’aujourd’hui. Nous devons faire pression sur nos politiques afin qu’il leur propose des perspectives positives « Demain, j’exercerai le(s) métier(s) que j’imagine ».

Plutôt que « Demain, les robots nous voleront nos boulots chômage »


« Une des rôles de l’école doit être de préparer les enfants à vivre dans un monde qui n’existe pas. »

Albert Camus.


Pour conseiller, utilement, nos petits- enfants nous devrons faire preuve de beaucoup d’imagination et eux aussi.

Je veux devenir slasheur !

On peut, sans peine imaginer que l’arrivée de l’automatisation est une opportunité énorme pour déléguer aux robots les tâches les plus rébarbatives ou les plus lourdes.

Pour de nombreux chercheurs, l’avenir devrait appartenir aux « slasheurs ». Ceux qui cumulent plusieurs compétences, plusieurs jobs.

Diane Rivière, DRH chez Adeco Group explique qu’ « un jeune ne doit pas se dire que le métier qu’il choisit pour débuter, l’engage pour toute la vie. Sa première expérience lui apporte un socle, et à partir de là, personne ne peut prévoir où cela le mènera. Ce qu’il faut cultiver, c’est la confiance en soi pour saisir chaque opportunité qui se présentera. »

Exercer des métiers différents nécessite aussi de la curiosité, de l’agilité et de l’adaptabilité. Ces trois qualités, c’est aussi à nous, parents et grands-parents à les inculquer à nos enfants/petits-enfants.


À Lire :

- « Profession Slasheur : cumuler les jobs, un métier d’avenir » de Marielle Barbe aux Editions Marabout. 15,90€


Les filières porteuses d’avenir…

D’un côté, il y a le discours des universités qui dit que toutes les filières mènent à l’emploi. Pas faux. Les chances de trouver un job – dans un délai d’un an - frôlent les 80 à 90% pour les universitaires.

De l’autre, il y a le discours des hautes écoles, des employeurs, des organismes d’insertion professionnelle.

Tous insistent sur l’importance de choisir sa filière de formation en fonction des débouchés.

Jean-François Héris, président de l’Union Wallonne des entreprises, résume bien la situation : « Les entreprises ont d’avantage besoin d’ingénieurs que de philosophes »

Les jeunes d’aujourd’hui, ceux qui ont une petite vingtaine d’années, envisagent, quelques fois, des métiers qui n’existent pas encore.  Ils envisagent faire plusieurs métiers avec des approches différentes des nôtres. Encourageons-les dans ce sens, ne les cloisonnons pas dans une et une seule matière, laissons-les envisager le monde de demain qu’ils voient plus solidaire, en un mot laissons-les rêver le futur, leur futur !

En 2030, L’Intelligence Artificielle partout  ?

Dans son étude “Shapping the Futur of work ”, relative à la mutation des emplois, la Fédération des Entreprises technologiques Agoria lève le voile sur les compétences numériques et connexes dont nous aurons besoin pour réussir la mutation dans le domaine du travail en entreprises.

Réalisée en collaboration avec le cabinet Roland Berger et les agences pour l’emploi des trois régions (Forem, VDAB et Actiris), cette analyse ouvre de nouvelles perspectives résumées par le slogan « Be the change »(soyez le changement). Elle met en exergue, le fait que la digitalisation impacte l’ensemble du marché du travail. 4,5 millions de travailleurs devront régulièrement mettre leurs compétences à niveau.


« La Fédération patronale Agoria estime à 310.000 le nombre de travailleurs et de demandeurs d’emplois appelés à se reconvertir d’ici à 2030. »


Si des fonctions vont disparaître, d’autres vont émerger : concepteur designer, coach de robots, développeur, analyste en big data. Selon Alain Stas, directeur chez Technocampus, « Associer le réel au virtuel, intégrer des objets connectés, utiliser de nouveaux matériaux, échanger avec des machines, exploiter le potentiel infini de l’Intelligence Artificielle ou de l’impression 3D : ce sont les défis de demain. »

Quels nouveaux métiers actuels ou nouveaux pour le futur de vos petits-enfants ?

Dans son ouvrage « Les métiers du futur » Isabelle Rouhan, « découvreuse de talents », tente de dresser une liste de nouveaux métiers. Pour ce faire, elle a interrogé un grand nombre de témoins d’artistes, d’entrepreneurs, de fonctionnaires, d’enseignants, de libres penseurs, de personnes vivant dans d’autres pays…

Elle tire également quelques conclusions sur des métiers existants et qui ont encore un avenir notamment les métiers du service à la personne et de la relation client car la négociation, la persuasion, l’originalité, le sens artistique sont autant de capacités que les robots n’auront probablement jamais.

Les métiers qui font la part belle à l’effort (sportif), qui requièrent un savoir-faire inventif (paysagiste, styliste, chef cuisinier…) , les métiers dont le rôle consiste à faire évoluer les autres (professeur, formateur, psychologue, coach…) et ceux qui mettent en scène l’expression humaine (danseur, chanteur, acteur, musicien…) resteront des métiers d’avenir.


Á lire :

  • « Les métiers du Futur » par Isabelle Rouhan aux Éditions First 2019, 166p, 17€.
  • « Slasheur, Designer, Gamer. Quels seront les jobs de nos enfants demain. » de  Stéphanie Biso aux Éditions Dunod, mars 2019, 192p, 15,90€.

Aujourd’hui, c’est déjà demain !

Former des ingénieurs à l’origami pour construire les bâtiments de demain:

C’est une tradition qui dure depuis des siècles, voire plus d’un millénaire. Aujourd’hui, l’origami, l’art japonais du pliage de papier, se voit attribuer une tout autre fonction : construire les bâtiments de demain. Il apprend à de futurs ingénieurs à « orienter la matière » pour construire autrement. Arthur Lebée, chercheur au laboratoire Navier, lié à l’École des Ponts Paristech travaille sur « les sciences de l’origami » et anime des enseignements qui s’inscrivent dans un double cursus d’Architecte et d’Ingénieur, afin de relier deux métiers souvent dissociés dans la naissance d’un bâtiment : l’un compose et l’autre rend faisable.


"Cela combine un aspect ludique avec des mathématiques fondamentales, de la mécanique... Plein de disciplines différentes"


« Pourquoi on construit ? Pas juste pour que ce soit le plus résistant possible : il faut que cela rende le meilleur service à la personne qui habite » estime Arthur Lebée. « Un ingénieur doit être sensible à ça et l’architecte doit être sensible à la réalité physique »… « Les origamis ont une place tout à fait intéressante pour faire ce lien ».


"Une idée est centrale: améliorer la résistance d'une structure en changeant sa forme et non en lui ajoutant des matériaux plus solides."


Quelques métiers d’avenir…

Les nouveaux métiers qui émergent grâce à la transition écologique, le big data, l’e.commerce, les nouvelles mobilités et la numérisation des usines, eux, sont en attente de personnels formés.

En voici quelques-uns qui orienteront peut-être vos petits-enfants :

  • Dans le domaine du Data : Collecter, stocker, organiser, interpréter, protéger les informations, des métiers devenus stratégiques. Près de 30.000 gigaoctets, c’est la masse colossale de données créée dans le monde par… seconde ! Chaque fois que vous écrivez un mail, vous vous connectez sur Internet ou jouez à Candy Crush, vous y participez. Face à cet afflux d’informations les entreprises s’organisent. Ces data, elles doivent les collecter, les stocker, les sécuriser et les rendre intelligibles pour les exploiter. De nouveaux profils, que ces entreprises vont, à l’avenir, devoir recruter massivement dans le domaine du big data. Data Engineer : il stocke et collecte les données ; Data Storyteller : ce pro de l’infographie met les données en scène ; Architecte big data : les grands groupes les convoitent. Il est un peu le chef d’orchestre de la data, il décide du types de données recherchées et de leur utilisation ; Ingénieur cloud computing : c’est le big boss du stockage en ligne, celui qui choisit le bon prestataire pour sa société, gère les données et les sécurise ; Data protection officer : il veille au respect de la réglementation ; Pentester : ou expert en cyber sécurité, il dissuade les attaques informatiques ; Et demain : Architecte de registre distribué : cet expert en transmission sécurisée de données va devenir indispensable dans la banque, l’assurance, la santé… ; Digital death manager :ce « croque-mort digital » s’occupera du devenir des comptes et réseaux en ligne du défunt, en accord avec les proches de celui-ci ; Data steward : son rôle sera d’organiser les données générées par l’entreprise. Il vérifiera leur origine, pertinence et leur classement…

  • Dans l’environnement : Plusieurs centaines de milliers d’emplois d’ici 2030 ! L’accord de la Cop21 sur le climat est en train de transformer des dizaines de métiers dans presque tous les secteurs dont l’énergie, les transports, l’agroalimentaire…Et d’en créer de nouveaux dans le conseil, l’audit ou les services aux particuliers et aux entreprises. Même la finance crée son lot d’emplois verts ! Energy Manager : il veille à l’efficacité énergétique dans un bureau d’étude, dans une entreprise, une usine… ; Chef de projet énergies renouvelables : il pilote les nouvelles installations telles que les parcs à éoliennes, fermes solaires, infrastructures hydrauliques… ; Consultant en développement durable : il conseille l’entreprise sur son développement durable ; Responsable achats durables : il garantit un sourcing « propre » car la hantise des multinationales de l’agroalimentaire, de la beauté ou de l’habillement est de se faire épingler pour comportement antisocial ou environnemental, notamment chez leurs fournisseurs et sous-traitants. Juriste en environnement : il aide une entreprise à se conformer aux exigences règlementaires du droit européen, belge et international en matière d’environnement ; Et demain : Agriculteur urbain : il exercera en ville, en circuit court, sur des surfaces verticales ou planes, ouvertes ou fermées…
  • Dans l’usine de demain : les usines commencent à se robotiser et à accélérer l’automatisation de leurs lignes de production. Roboticien : il optimise l’automatisation des usines en améliorant l’autonomie des robots et en facilitant leur intégration dans l’espace de production ; Développeur de réalité virtuelle : il maîtrise les logiciels 3D et traite et analyse les images, aussi bien dans les jeux vidéo que dans l’industrie aéronautique et surtout dans l’industrie ; Chef de projet maintenance prédictive : il anticipe les défaillances des équipements. Ce profil est très demandé dans les industries de l’agroalimentaire, la chimie ou la pharmaceutique ; Et demain : Gestionnaire d’une flotte de robots : avec des robots amenés à effectuer des tâches de plus en plus complexes, il en assurera le paramétrage et la coordination.
  • Dans la ville de demain : pour une ville débarrassée de la pollution de l’air, des bouchons permanents, de la dégradation des vélos et autres trottinettes… les nouvelles technologies, les constructeurs automobiles, les géants de l’énergie innovent dans le sens d’une ville plus intelligente, plus propre et plus efficace. Pour y parvenir ils recherchent de nouvelles compétences : Ingénieur de logiciel embarqué : au cœur des transports de demain, bardés de capteurs, caméras, radars et autres GPS pour que demain le conducteur n’ait plus rien à faire ; Chef de projet mobilité : il invente de nouveaux services et doit avoir une expertise dans les transports, l’aménagement du territoire. 
  • Dans le e-business : Expert sûreté de fonctionnement : il rend les véhicules autonomes plus sûrs en veillant à anticipé la moindre défaillance technique, mais il discute aussi les normes et certifications avec les pouvoirs publics 
  • Et après-demain Designer IoT : il imaginera les objets connectés qui équiperont les infrastructures de la smart city et qui devront être à la fois bien intégrés et d’un entretient aisé ; Juriste data : il veillera à la maîtrise des data détenues par les villes et défendra les intérêts de la commune face aux prestataires privés ; Smart syndic : il gèrera plus efficacement les copropriétés et anticipera les travaux dans les bâtiments hyperconnectés.

A offrir à vos  plus jeunes petits-enfants :

  • « Le livre des métiers : un imaginaire pour demain » de Julie Bernard aux Éditions Zebulo, à partir de 6 ans. 18€
  • « Max et Lili cherchent leur métier » de Dominique de Saint-mars et Serge Bloch aux Calligram, à partir de 9 ans.
# Grands-parents # Education # Métiers de demain # Seniorsmag # Scolarité

*« Institute for the future » est un groupe de réflexion à but lucratif à Palo Alto, Californie, Etats-Unis. Crée en 1968 comme spin-off il à pour but d’aider les organisations à planifier leur avenir.