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"Kennedy" au théâtre Royal du Parc

2016-04-25 14:57:19 – Dominique

Loisirs La pièce nous fait entrer dans l’intimité du président des États-Unis lors de cette fameuse soirée au Madison. Marilyn Monroe vient de susurrer « Happy Birthday… ». John (Jack pour les intimes) et Bobby règlent leurs comptes dans une chambre d’hôtel sous le regard d’une mystérieuse inconnue qui semble tout connaître des deux frères. Un suspense dense et fort... Créateur d’une sorte de bombe psychologique méticuleusement documentée et truffée d’irrationnel, Thierry Debroux est l’auteur d'un percutant.

Une Création mondiale : « KENNEDY » de Thierry Debroux

Du 14 avril au 14 mai 2016

Est-ce un fantasme ? La femme est-elle l’avenir de l’homme ? C’est ce que semble suggérer  cette femme multiple et  déstabilisante qui hante les rêves des deux frères Kennedy sous les traits séduisants d’Anouchka Vingtier, resplendissante de féminité dans chacune de ses apparitions. Dans chaque éclat du miroir qu'elle tend aux deux frères, chacun  peut tour à tour  y contempler le doute, la conscience, la destinée, le libre-arbitre, le souvenir, la mort ? Ou bien l’égérie,  la muse,  la libératrice, la consolatrice, l’amour, peut-être ?  A chaque fois, la beauté de l’ange, qui vous tient la main et voudrait vous aider à changer votre destin.  Elle l’avoue elle-même : « Ich bin eine « Mystère » … » Pendant  parodique d’ « Ich bin ein Berliner ? » Tour à tour, un ying et un yang splendidement incarnés qui ne fascinent pas que le président.  

Entendez-la :


Jack : Qui êtes-vous ?

La femme : C’est un prénom que tu veux ? De toute façon, tu ne te souviens jamais des prénoms. C’est dommage que tu sois cloué là...La vue est sublime d’ici.

Jack : Comment savez-vous que j’allais occuper cette suite ? Je ne le savais pas moi-même...

La femme : Ich bin eine «  Mystère » !

Jack : Bon, ça suffit. J’appelle la sécurité...

La femme : Tu veux que j’approche le téléphone ? C’est le corset qui te gêne ? L’homme le plus puissant du monde porte un corset à cause de son mal de dos tout cassé. Je trouve ça plutôt mignon. Mais attention, ce corset pourrait te jouer des tours...


Personnages et décor hyper-réaliste font tout de suite penser aux tableaux d’Edward Hopper. Les admirables costumes de Jackye … Fauconnier et les décors de Geneviève Périat  prolongent avec  humour l’illusion artistique. Les vidéos d'époque coulent comme un immuable sablier sur l'action psychologique. Elle se situe le 19 mai 1962 dans une suite luxueuse d’un hôtel de New York.

Alain Leempoel (JFK), Dominique Rongvaux (Bobby) et Anouchka Vingtier composent  le trio d’enfer qui va rejouer comme un thriller, l’Histoire qui s’arrêtera le 22 novembre 1963 à Dallas.  L’action plonge  dans la souffrance abyssale du président : il a le dos qui part en miettes. Il fait le point avec son frère Bobby et  confie par bribes, les relations difficiles du clan avec le père qui, grâce à l’argent, l’a fait élire président. Le texte pointe les manipulations,  l’absence d’amour de Rose, sa mère, le mariage malheureux avec Jackie, l’hypocrisie des apparences.  Sa relation  avec Marilyn fait voir à JFK combien en fait,  ils se ressemblent.  Au passage, le texte détrousse les dossiers compromettants avec les caïds de la Maffia, la pègre de Chicago, les  rouages cachés de la famille Kennedy et les  malédictions qui la rongent. Est-ce ainsi que nous ignorons tout des puissants qui nous dirigent? Est-ce ainsi que nous aimons parfois dans nos familles ?

Le mythique JFK est un infirme qui pourrait hurler de douleur et cache sous son bronzage légendaire et son sourire de héros,  un immense mal-être physique et moral. Il ne sait pas combien de temps il pourra cacher au monde ses infirmités. « Un président infirme ne fait pas rêver, alors je dissimule ! » articule-t-il. Se présenter aux  yeux du monde, lui aussi, en chaise roulante, lui fait horreur. « Plutôt crever ! »  Son monde intime est un cauchemar, il avoue ne pouvoir se supporter que grâce aux drogues et au sexe. Cerné par ses hallucinantes rencontres avec la Femme-miroir, il attend désespérément les injections de procaïne  du docteur Feelgood  et parle vraiment pour la première fois avec son frère Bobby tandis que La Femme-miroir décortique sans relâche, chacun des deux frères, à la façon d’une entomologiste pour percer leur vérité.

La mise en scène dynamique  de Ladislas Chollat s’emploie à maintenir brillamment le rythme soutenu d’un roman d’espionnage. On assiste, le souffle coupé,  à de violentes chevauchées d’amour dans une sorte de course constante contre la mort! Le jeu scénique intense du trio est impeccable et  millimétré mais le Temps gagne toujours.  Humilité: « Si toi qui portes le monde sur les épaules, tu n’es pas maître de ton destin, qui pourra se vanter de l’être… ? »

Dominique-Hélène Lemaire.

En pratique :

+de 65 ans ? Demandez vos places de spectacles gratuites

La Ville met à la disposition des seniors bruxellois des places de spectacles gratuites. Ces tickets permettent aux personnes âgées d’au moins 65 ans et domiciliées sur le territoire de la Ville d’assister à un spectacle (théâtre, danse, opéra) de leur choix au Théâtre du Parc, au Théâtre des Galeries, au Théâtre des Martyrs, au Théâtre National, au Théâtre Les Tanneurs, au KVS, à la Monnaie, au Théâtre de Poche, aux Brigittines, au Centre culturel des Riches Claires ou au Bozar. Chaque senior bénéficie de deux tickets dans deux lieux de son choix, dans la limite des places disponibles, sauf au Théâtre des Martyrs où il s’agit d’un abonnement annuel pour 6 spectacles. Pour la Monnaie, le senior choisit son spectacle et sa date. Pour les autres institutions,il retire ses tickets puis réserve le spectacle de son choix au cours de la saison. Les tickets sont à retirer auMusée du Costume et de la Dentelle (12 rue de la Violette – 1000 – 02 213 44 50) du mardi au dimanche, entre 10h et 17h. Le demandeur doit être en possession de sa carte d’identité pour retirer ses places. Si une personne souhaite retirer des places pour un groupe, elle devra alors se munir des cartes d’identités de toutes les personnes concernées.


Où : Service de la Culture – 11 rue Sainte-Catherine – 1000 – 02 279 64 33  – culture@brucity.be

Où : Rue de la Loi, 3, 1000 BRUXELLES

Réservations : 02/505.30.30 (Billetterie, de 12h à 19h) ou en ligne sur www.theatreduparc.be 

+ d'infos : www.theatreduparc.be

Avec : 
Alain Leempoel
Dominique Rongvaux 

Anouchka Vingtier
Mise en scène : Ladislas Chollat 
Assistanat: Catherine Couchard
Scénographie : Emmanuelle Roy
Lumières : Alban Sauvé
Costumes : Jackye Fauconnier
Création make up et coiffure : Bouzouk 
Musique : Frédéric Norel
Durée : 1h30 sans entracte

Le texte de la pièce "Kennedy" de Thierry DEBROUX est en vente au prix de 10 € aux éditions Lansmann

# Théâtre Royal du Parc # Thierry Debroux # Ladislas Chollat # Panache Diffusion # Compagnie Nationale 12