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Ce soir on va au cinéma avec Louisa Brandt

Ce soir on va au cinéma avec Louisa Brandt

2015-08-13 08:45:57 – Cerise

Ce soir on va au cinéma avec Louisa Brandt Loisirs Cette semaine, notre journaliste Louisa est allée au cinéma voir deux films, un pour le corps, l'autre pour l'âme. Côté corps "Mission Impossible 5: Rogue nation" de Christopher McQuarrie, côté âme, "Every Thing Will Be Fine" de Wim Wenders. Deux films, deux genres. Alors, corps ou âme, à chacun de se faire son cinéma. Faites-vous le vôtre...


Armand Gatti, homme de théâtre distingue les spectacles du corps, ceux qui ne touchent que « notre enveloppe », nos yeux, notre peau, nos oreilles et ceux de l’âme qui viennent revisiter, interroger ou bouleverser nos convictions. Les distinguer. Les séparer. Mais ne pas en exclure définitivement un. J’ai repensé à cette idée cette semaine.


Côté corps...

Côté corps, j’ai vu Mission impossible 5. Avant même le générique, on est séduit : une première scène d’action qui coupe le souffle, un Tom Cruise qui touche le cœur, une note d’humour qui booste le sourire. Le ton est donné : on va se régaler. Quand la musique du générique démarre on est conquis. Le rythme est donné et ne faiblira jamais.

L’histoire reste ancrée dans les poncifs du genre : des rebondissements, des poursuites, le héros en danger, le héros et la belle, le héros et l’indéfectible amitié virile, les trahisons que l’on croit réelles, qui se révèlent n’être qu’un stratagème, puis qu’on ne sait plus ce qu’elles sont, les politiques véreux, les politiques bienveillants. Bref, tous les clichés. Pourtant, on se n’ennuie pas une seconde.

Les gadgets dont disposent nos héros rappellent la fraîcheur des James Bond de mon enfance ; j’ai adoré la transformation totalement inattendue d’un programme de spectacle en ordinateur – ils sont vraiment très forts à Mission impossible et je sens plein d’étoiles dans mes yeux.

Les yeux. Ils sont à la fête. Tom Cruise évidemment. Un visage qui gagne en maturité. Rebecca Fergusson sans aucun doute. Superbe en robe de soirée, en bikini, en combinaison de motard, etc. Mais aussi les lieux. La scène d’action à l’opéra de Vienne pendant une représentation est fabuleuse ; on ne sait pas si on doit, si on veut, regarder les protagonistes se battre ou bien, admirer les coulisses de l’opéra qui sont dévoilées comme on ne pourra jamais les voir.

La caméra ne fait pas dans le facile, dans le rapide. C’est la force du film de bout en bout : le soin porté à chaque chose pour décupler le plaisir du spectateur. Le respect du public est palpable. Ça fait sacrément du bien.

En pratique :

Synopsis

L’équipe IMF (Impossible Mission Force) est dissoute et Ethan Hunt se retrouve désormais isolé, alors que le groupe doit affronter un réseau d’agents spéciaux particulièrement entraînés, le Syndicat. Cette organisation sans scrupules est déterminée à mettre en place un nouvel ordre mondial à travers des attaques terroristes de plus en plus violentes. Ethan regroupe alors son équipe et fait alliance avec Ilsa Faust, agent britannique révoquée, dont les liens avec le Syndicat restent mystérieux. Ils vont s’attaquer à la plus impossible des missions : éliminer le Syndicat.

Film Américain

Date de sortie en Belgique : 5 août 2015

Réalisateur : Christopher McQuarrie

Scénario : Christopher McQuarrie

Bande originale : Joe Kraemer

Acteurs principaux : Tom Cruise, Rebecca Fergusson, Alec Baldwin, Jeremy Renner, Simon Pegg...

Bande annonce 

Ce film se joue dans des cinémas Kinepolis. Les séances près de chez vous. 


Côté âme...

Côté âme : Wim Wenders. Après plusieurs années d’errance cinématographique, le réalisateur de "L’Ami américain" et de "Paris, Texas" nous revient avec un beau film  "Every Thing Will Be Fine". Le film captive, séduit, interpelle.

Après une dispute avec sa compagne, Thomas, un jeune écrivain en mal d’inspiration, conduit sa voiture sans but sur une route enneigée. En raison de l’épaisse couche de neige et du manque de visibilité, il percute mortellement un jeune garçon qui traversait la route, plongeant dans le deuil une mère et un frère. Wenders trace pendant dix ans ces personnages et explore leur tristesse et leur culpabilité.

La caméra prend son temps pour balayer les paysages d’Amérique du nord et nous interpelle : comment, pourquoi un tel drame est-il possible au cœur d’une telle beauté ? Quelle signification la création prend-elle ? L’objectif s’arrête avec réalisme sur les personnages, capte leur intérieur (au deux sens du terme)  avec beaucoup de justesse et d’esthétisme.

Le film surprend par son rythme : une succession de séquences lentes, très lentes qui alternent les focalisations – la vie de Thomas et celle de la famille de la victime - mais qui, pour retracer une décennie, imposent des ellipses, d’abord déconcertantes puis pleines de force. Un film où le spectateur est actant, où  il doit « combler les vides », ce qui le distancie d’une écoute qui serait exclusivement empathique.

Interpeller. L’objectif est celui-là. De la réflexion, pas du pathos. Justement, cette négation des larmes est une première question : comment est–il possible de ne pas pleurer toute sa vie quand on a tué un enfant ? James Franco campe le personnage avec une intéressante froideur. Cela est-il permis ? Autre pôle d’intérêt, Wenders traite cette thématique en lien avec celle de la création littéraire. Thomas trouve l’apaisement en écrivant un roman qui relate cet épisode de sa vie; il trouve aussi le succès littéraire. Peut-on exploiter une histoire qui n’est pas seulement la sienne ? Il devient riche, célèbre, fonde un nouveau couple. En avait-il le droit ? Peut-on être heureux quand à cause de soi d’autres sont malheureux ? Autre interrogation : être heureux signifie-t-il ne plus se sentir coupable ?

La mère, incarnée par une Charlotte Gainsbourg criante d’authenticité est elle-aussi dans la création, elle est illustratrice mais ne connaîtra jamais aucun succès, ni professionnel, ni personnel. Elle se sent elle aussi coupable de la mort de son fils qu’elle n’a pas surveillé…..parce qu’elle lisait. Le pouvoir du livre, donc. Il fascine l’un jusqu’à la mort et ressuscite l’autre. Peut-être peut-on reprocher au réalisateur cette vision un peu manichéenne du monde. À réfléchir.

Le personnage intéressant est pour moi l’adolescent, le frère de la victime. Il rêve de devenir écrivain ; enfant, il avait dessiné la scène du drame, il veut maintenant écrire ; quitter les pastels, ce que sa mère ne fera jamais, pour passer du côté du stylo, mettre des mots sur des images. Comme Thomas, écrire, pour choisir la vie.

En pratique :

Synopsis

Après une dispute avec sa compagne, Tomas, un jeune écrivain en mal d’inspiration, conduit sa voiture sans but sur une route enneigée. En raison de l'épaisse couche de neige et du manque de visibilité, Tomas percute mortellement un jeune garçon qui traversait la route. Après plusieurs années, et alors que ses relations volent en éclats et que tout semble perdu, Tomas trouve un chemin inattendu vers la rédemption : sa tragédie se transforme en succès littéraire. Mais au moment où il pensait avoir passé ce terrible événement, Tomas apprend à ses dépens que certaines personnes n'en ont pas fini avec lui... 

Date de sortie en Belgique : 22 avril 2015

Genre : drame

Réalisateur : Wim Wenders

Acteurs principaux : James Franco, Charlotte Gainsbourg, Marie-Josée Croze, Rachel McAdams...

Bande annonce


Reste qu’il n’est pas défendu d’inverser les concepts. D’analyser à travers Mission impossible la fascination de l’Amérique pour la vieille Europe ou, ainsi que le souligne un critique, de simplement regarder le Wim Wenders comme on écoute une délicieuse musique d’ambiance. Corps ou âme. A chacun de se faire son cinéma.

Louisa Brandt

 

# Cinéma # Mission impossible 5 : Go Rogue # Wim Wenders # Every thing is fine # Charlotte Gainsbourg